Se délivrer des GAFAM, une utopie ?

Qu’on le veuille ou non, ils sont partout. Dès qu’on met un pied dans le numérique, on n’a pas vraiment le choix que de commencer par là.

Qui sont-ils, et peut-on réellement s’en passer ?

G comme… Google !

Messagerie personnelle ou professionnelle, cartographie, échange de fichiers, agenda, formulaires en ligne… Google est partout.

Vous avez un compte gmail ? Non ? Bravo ! Cela dit je suis prête à parier que vos coordonnées complètes se retrouvent dans les carnets d’adresses de vos amis. Et pire encore, combien de sites Internet sur lesquels vous naviguez utilisent Google Analytics comme outil statistique ? Si votre téléphone n’est pas Android (donc Google), le concurrent utilise pourtant beaucoup de services Google : maps, recherche, … et lorsque vous naviguez sur les sites Internet de l’administration française, saviez-vous que près de la moitié dépendent des services tiers de Google (selon Next Inpact) ?

Certes, ces outils sont drôlement bien fichus, évoluent parfois même trop vite, mais dans la majorité des cas, on n’est pas obligé d’y passer. Je vous invite à consulter l’excellent site Dégooglisons Internet, derrière lequel on trouve Framasoft, qui propose des alternatives libres à tous les outils Google ou autres, que beaucoup d’entre nous connaissent.

Pour plus de détails sur ce sujet, j’ai fait un article dédié.

A comme… Amazon

Il y a plus de 10 ans, j’achetais des livres sur Amazon. Je voulais partager mes lectures par-delà les océans (j’habitais alors au Québec) avec mes proches. Pour moi, c’était juste une librairie en ligne, et c’était très chouette. A l’époque. Mea culpa.

Est-ce qu’on y vend encore des livres ? Maintenant on y vend tout ce qu’on peut imaginer. Les chiffres donnent froid dans le dos… saviez-vous que la fortune du patron de cette grande enseigne ayant explosé pendant le confinement ? Alors que le confinement a également ressorti de l’ombre les conditions de travail des salariés des centres logistiques de cette entreprise qui sont tout bonnement inacceptables – quelque soit le pays.

On va donc s’arrêter là sur le sujet. Et pour le coup, la solution pour l’éviter se trouve quasiment sur le pas de notre porte. D’ailleurs je parierais qu’Amazon ne prend ni la Gonette ni aucune monnaie locale ou alternative…

F comme… Instagram !

Vous l’aurez compris, on parle bien de tout cela : Facebook englobe désormais Instagram et Whatsapp. Des alternatives existent et se développent, on a le choix, bien sûr, mais peut-on passer à côté ?

En tant que professionnel… pas vraiment. Tout dépend de votre cible bien sûr, mais ces outils sont là et vos concurrents savent très bien utiliser les réseaux sociaux pour se faire connaître… alors pourquoi pas vous ?

A titre personnel, on peut clairement s’en passer, mais cela demande parfois résistance et résilience, y compris pour notre entourage, tant cet outil est devenu une pratique quotidienne. Et il n’y a pas que des mauvais côtés ! Je suis largement convaincue des bienfaits que peuvent nous apporter les communautés constituées par les groupes privés sur ce réseau. Le minimum est d’être conscient des biais et travers dans lesquels nous embarquent les réseaux sociaux.

D’ailleurs, connaissez-vous la série Dopamine, produite par Arte ? Elle est très éclairante sur les mécanismes déclenchés – à notre insu – dans notre cerveau par chacun des réseaux « sociaux ». Leurs concepteurs ont réussi à mettre au point des scénarios utilisant les neurosciences, pouvant rendre l’utilisateur captif du scrolling. Une fois que le mal est fait tout peut y passer : biais cognitifs, dark patterns fake news (encore de l’anglais !), trolls, communautés néfastes… Sans compter les questions fondamentales relatives au respect de la vie privée de l’utilisateur.

Au niveau environnemental, la quantité de données stockées sous forme de photos et vidéos, la lecture automatique des contenus a aussi un impact non négligeable sur l’environnement… Comme vous pouvez le constater, c’est un gros sujet, qui fera l’objet d’un article dédié !

Je ne suis pas anti-Mac, hein, j’ai des amis qui sont Mac !

A comme… Apple !

Alors là, très honnêtement, je ne saurais réellement développer le sujet. Le seul Ipod que j’ai eu a été « perdu » dans le métro de Toronto en moins d’une semaine (si jamais quelqu’un le retrouve, on sait jamais…), et je passe plus facilement d’un clavier AZERTY à QWERTY que d’un clavier PC à Mac. Ce n’est donc pas demain la veille que j’irai au magasin de Pommes – en bon français.

Apple propose tout un écosystème d’appareils, téléphones, ordinateurs, mais également leurs accessoires qui ne sont souvent compatibles qu’entre eux. Généralement quand on possède un appareil Apple, on finit par posséder tout le reste, et exclusivement !

Certains diront que le choix de cette marque est orienté par le besoin de l’utilisateur. Ces équipements sont souvent assez chers, mais réputés de bonne qualité et résistants aux attaques du web. La plupart des designers et graphistes avec qui je travaille utilisent ces outils pour leurs performances graphiques… Ce qui peut générer souvent quelques incompatibilités quand il s’agit d’ouvrir un simple fichier texte !

Mais… quand on commence à aborder le terme d’obsolescence programmée, Apple arrive dans les premiers. Avec leur stratégie très bien ficelée et citée dans toutes les formations marketing, Apple arrive à captiver son audience, surfant sur les nouveautés pour vendre toujours plus de produits… Doit-on rappeler que près de 50 % des sources de pollution liées au numérique repose sur la fabrication des équipements et les déchets numériques ?

M comme… Microsoft !

Si on n’est pas Mac, on est forcément Microsoft ?

Pas forcément ! Opter pour une distribution GNU+Linux permet d’obtenir l’équivalent du système d’exploitation Windows proposé par Microsoft. Quant aux logiciels bien connus de la suite Office, les outils Framasoft proposent une solution complète tout à fait équivalente, dont les fonctionnalités suffisent dans la majorité des cas.

Vous optez donc pour une solution gratuite, open source, sécurisée, et maintenue de façon collaborative par une communauté de millions d’utilisateurs !

…. et voilà, vous avez mis le pied dans le monde du logiciel libre ! Merveilleux n’est-ce pas ?

Alors… on fait quoi ?

Peut-on vraiment se libérer de tout ? On peut essayer… Mais opter pour d’autres solutions équivalentes ne fera que déplacer le problème, d’autres géants sans scrupules arriveront, d’autres repartiront… Le problème étant davantage dans le système économique qui fait vivre ces géants.

Si c’est gratuit, c’est toi le produit !

La plupart de ces solutions drôlement pratiques sont surtout GRATUITES. Et toujours garder en tête que pour des entreprises de la sorte, si c’est gratuit… il y a une bonne raison derrière tout ça. Nos données ont de la valeur pour eux. Google les utilise, les analyse, et les revend aux publicitaires et autres entreprises de marketing. Elles sont drôlement utiles à Facebook, Twitter et Youtube pour décoder nos comportements et nous proposer toujours plus de contenu ciblé… pour mieux maintenir leur position dominante, en plus de générer des revenus publicitaires à notre insu.

Prendre conscience…

On ne peut nier que certaines des pratiques des GAFAM sont plus que douteuses et leur impact sur la sphère sociale et environnementale loin d’être positif. Et à côté de cela on peut dénombrer de nombreux effets positifs à ces facilités offertes par les outils numériques. Les communautés Facebook où règne la bienveillance sont bien présentes. Ces réseaux rapprochent les gens qu’un simple confinement a pu éloigner à des kilomètres.

Il faut s’informer, au-delà de la bulle de filtres créée par les réseaux sociaux (et prendre conscience de celle-ci). Éveiller son esprit critique, confronter les idées, débattre. Et surtout vérifier ses sources avant de partager !

…et reprendre le contrôle

Gardons nos données pour nous. Même si le cloud est bien pratique, savez-vous combien de vos fichiers sont oubliés au fin fond du cloud ?

Et pour les logiciels propriétaires, d’ailleurs payant, et chaque année désormais pour Microsoft, Adobe et cie, il existe cette fois des solutions gratuites, et open-source. C’est à la fois opter pour la transparence, le meilleur moyen de savoir comment sont utilisées les données, et l’assurance que si l’entreprise propriétaire ferme… vous pourrez toujours vous servir des outils que vous possédez car ces solutions restent disponibles et maintenues par la communauté.